Agriculture et élevage : Lancement officiel du Projet 2 du Programme de Renforcement de la Résilience à l’Insécurité Alimentaire et Nutritionnelle au Sahel (P2-P2RS)
Ce vendredi 2 mai 2025, s’est tenu dans un réceptif de Conakry, l’atelier de lancement officiel de la composante guinéenne du Projet 2 du Programme de Renforcement de la Résilience à l’Insécurité Alimentaire et Nutritionnelle au Sahel (P2-P2RS). La cérémonie, placée sous l’égide du Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, M. Félix LAMAH, a réuni des représentants du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), ainsi que de nombreux cadres des ministères sectoriels et de l’Unité nationale de coordination du projet.
Fruit d’un partenariat entre la BAD, le CILSS et les pays membres, le projet vise à renforcer durablement la résilience des populations sahéliennes et ouest-africaines face à l’insécurité alimentaire et aux chocs climatiques.
Dans son allocution, M. Adamou HINSA, Coordonnateur régional du P2-P2RS/CILSS et représentant du Secrétaire exécutif du CILSS, a rappelé les acquis du premier projet (P1-P2RS), dont le budget s’élevait à 153 milliards FCFA. Clôturé en 2022, ce premier volet avait enregistré des résultats significatifs dans sept pays bénéficiaires : le Burkina Faso, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Sénégal. Ces performances ont favorisé la mobilisation de financements pour une deuxième phase, à hauteur de 220,4 milliards FCFA, grâce au soutien de la BAD, de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et du CACF (Canada – African Development Bank Climate Fund).
La phase 2 du programme s’étend désormais à neuf pays : le Burkina Faso, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Trois organisations intergouvernementales y sont également associées : le CILSS, la Commission Climat pour le Sahel (CCRS) et l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV).
Pour la Guinée, cette deuxième phase représente une opportunité stratégique. Elle permettra d’accroître la productivité agricole, pastorale et halieutique, de promouvoir la gestion durable des ressources naturelles, d’intégrer les dimensions genre et nutrition, et de favoriser l’emploi des jeunes. L’approche régionale et la structuration en sous-projets garantissent un impact accru sur la résilience des populations bénéficiaires.
À l’échelle régionale, le CILSS accompagnera la Guinée dans plusieurs domaines : le renforcement des dispositifs de veille phytosanitaire et d’alerte précoce, la mise en place des systèmes d’information de marché de deuxième génération (SIM-2G), le soutien aux plateformes PREGEC et RPCA, les analyses du Cadre Harmonisé, la formation de cadres nationaux, ainsi que l’amélioration des infrastructures et des réseaux d’observation météorologique et hydrologique.
En 2024 déjà, la coordination régionale du P2-P2RS avait appuyé la Guinée dans la maintenance des systèmes CLIDATA de gestion des bases de données climatiques, et formé les cadres de l’Agence nationale de la météorologie (ANM) à leur utilisation.
Au nom de la BAD, Dr Laouali GARBA, Chef de division Recherche agricole, production et durabilité, a précisé que le P2-P2RS s’inscrit dans une vision à long terme : le programme couvre une période de 20 ans (2016-2036), subdivisée en quatre phases quinquennales. La phase 2 (2023-2027), d’un coût global de 284,7 millions USD, est financée par la BAD, le Fonds canadien pour l’adaptation au changement climatique, les gouvernements concernés, le CILSS et les bénéficiaires eux-mêmes.
Dr GARBA a indiqué que 137 communes transfrontalières bénéficieront des actions du programme, qui comprend quatre composantes principales : le renforcement de la résilience climatique des productions agrosylvopastorales et halieutiques ; le développement des chaînes de valeur ; l’appui aux institutions régionales pour renforcer les capacités adaptatives, et la gestion globale du programme.
La Guinée bénéficiera d’une enveloppe de 31,4 millions USD. Selon Dr GARBA, le programme est en parfaite adéquation avec les orientations stratégiques nationales et contribuera fortement à l’autosuffisance alimentaire et à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales. Il a exprimé sa gratitude aux autorités guinéennes pour leur engagement constant dans la lutte contre les effets du changement climatique.
Présidant la cérémonie de lancement, le Ministre Félix LAMAH s’est félicité de l’intégration de la Guinée dans cette nouvelle phase du programme. Il a rappelé que près de 12 400 producteurs et 250 éleveurs avaient été touchés par les inondations de l’année précédente, impactant au total entre 13 000 et 15 000 ménages. À cela s’ajoutent les dégâts causés par les ravageurs, notamment en Haute et Basse Guinée. « Nous avons la lourde responsabilité de veiller à la mise en œuvre correcte de ce projet. Pour ce qui me concerne et le cabinet, nous ferons en sorte que les obstacles et les difficultés soient levés pour une mise en œuvre rapide de ce projet dans les différentes zones qui sont choisies. Ces différentes zones choisies ont été bien évidemment impactées par les inondations de l’année dernière. Le P2-P2RS prend en compte toutes ces réalités, et s’aligne parfaitement sur la feuille de route issue des États généraux de l’agriculture et de l’élevage », a-t-il affirmé.
Il a également exhorté les cadres et les partenaires techniques à veiller à une mise en œuvre rigoureuse du projet, tout en réaffirmant son engagement personnel, ainsi que celui de son cabinet, à lever tous les obstacles administratifs pour garantir le succès du programme dans les zones les plus touchées par les crises climatiques.
Enfin, le Ministre Félix LAMAH a exprimé ses remerciements au Groupe de la BAD pour son appui financier et au CILSS pour son accompagnement technique constant.




